

Livelihoods et SNV publient les résultats obtenus sur le terrain depuis cinq ans auprès de 3 000 petits producteurs indépendants du nord de Sumatra, et appellent les entreprises, les investisseurs et les gouvernements à financer et à soutenir la transition à grande échelle.
JAKARTA, le 5 novembre 2026. Trois mille producteurs indépendants d’huile de palme du nord de Sumatra, Indonésie, enregistrent des rendements supérieurs de 14 à 30 % à ceux des agriculteurs utilisant des méthodes conventionnelles. La teneur en matière organique de leurs sols a doublé depuis le lancement du projet en 2021. 8 000 hectares de forêt voisine ont été placés sous protection communautaire — un modèle intéressant pour répondre à certains des enjeux majeurs liés à l’expansion de la culture de l’huile de palme en Asie du Sud-Est.
Livelihoods et SNV ont présenté ces résultats hier lors de la conférence annuelle de la table ronde sur l’huile de palme durable RSPO (RT2026) à Jakarta, dans un livre blanc intitulé Regenerative practices in palm oil production: A practical framework and lessons from the field. Ce livre blanc explique ce qui a fonctionné, comment les coûts de transition sont pris en charge et comment d’autres acteurs peuvent s’en inspirer et mettre ces pratiques en œuvre. Il montre aussi comment des partenariats innovants permettent aux entreprises de financer la transition afin que les agriculteurs n’en supportent pas seuls le coût. Les résultats publiés soulignent l’engagement commun des deux organisations en faveur de chaînes d’approvisionnement régénératives et sans déforestation.
Pourquoi c’est important : de meilleures exploitations agricoles réduisent la pression sur les forêts
L’huile de palme fait vivre des millions de petits producteurs. Mais bon nombre de leurs plantations vieillissent, leurs sols sont appauvris et le prix des engrais ne cesse d’augmenter. Lorsque les rendements baissent, la tentation de défricher de nouvelles terres — souvent des forêts — devient de plus en plus forte.
Les certifications et les engagements en faveur de la non-déforestation fixent des règles essentielles, mais elles ne permettent pas de remédier à la dégradation des sols. Aider les agriculteurs à améliorer leurs moyens d’existence sur les terres dont ils disposent déjà — tout en protégeant et en restaurant les forêts qui les entourent — est au cœur de la solution mise en œuvre ces cinq dernières années, et l’un des moyens les plus concrets de préserver les forêts.
Ce que fait le projet
Le projet “Biodiverse and Inclusive Palm Oil Supply Chain project” (BIPOSC) a été lancé en 2021 par Livelihoods, SNV et l’entreprise d’huile de palme Musim Mas. Il s’agit d’un partenariat d’une durée de dix ans (2021-2031) qui intervient à trois niveaux :
- Au niveau de l’exploitation, les petits exploitants indépendants apprennent des techniques pour régénérer leurs sols et réduire leurs dépenses en engrais chimiques :
- Compostage : transformer les déchets agricoles et ceux des usines d’huile de palme en engrais organique.
- Paillage : recouvrir le sol autour des palmiers avec des feuilles de palmier coupées et d’autres déchets végétaux, ce qui maintient l’humidité du sol et l’enrichit à mesure qu’ils se décomposent.
- Plantes de couverture : des plantes basses cultivées entre les palmiers qui protègent le sol de l’érosion et limitent la prolifération des mauvaises herbes.
- Culture mixte (agroforesterie) : la culture d’autres arbres et cultures entre les palmiers, tels que l’avocatier, le durian, le piment ou l’acajou, ce qui fournit aux agriculteurs des produits à consommer ou à vendre et abrite des insectes et des oiseaux utiles.
- Au sein du village, le projet met en place ce dont les agriculteurs ont besoin pour continuer à être autonomes : des groupements d’agriculteurs structurés, de petites entreprises gérées par des agriculteurs qui fabriquent et vendent du compost et proposent des services agricoles, ainsi que des formations et un accompagnement destinés aux femmes et aux jeunes pour qu’ils puissent lancer leurs propres activités.
- Autour de l’exploitation agricole, les communautés, les entreprises et les autorités locales s’accordent sur la manière de protéger les forêts voisines, de restaurer les zones dégradées et de gérer l’eau.
«Pendant des années, le débat sur l’huile de palme a porté sur où ne pas planter. Notre projet dans le nord de Sumatra montre l’autre facette de la réponse : lorsque le sol se régénère, les agriculteurs gagnent davantage et la forêt cesse d’être le prochain champ à défricher. Les petits producteurs ne peuvent pas porter seuls ce changement, et les entreprises ont tout intérêt à soutenir cette transition. Faisons-en la norme.» a déclaré Eric Soubeiran, Directeur Général de Livelihoods.
« Les agriculteurs apportent un savoir-faire issu de décennies d’expérience et d’investissements personnels. Les partenariats techniques, des organisations de producteurs solides et des capitaux catalyseurs issus de modèles de financement innovants peuvent permettre de développer davantage les pratiques régénératives, de manière plus durable et à plus grande échelle. Nous sommes reconnaissants à nos partenaires d'avoir soutenu et accompagné SNV dans le Nord de Sumatra et au-delà, en montrant comment ces éléments peuvent se conjuguer. La prochaine étape consiste à relier ce soutien initial à des investissements à plus long terme, afin que la transition devienne une responsabilité partagée tout au long de la chaîne d’approvisionnement.» a déclaré Simon O’Connell, Directeur Général de SNV.
La principale leçon à retenir : les nouvelles méthodes agricoles ne suffisent pas à elles seules. Les agriculteurs ne les adoptent que s’ils bénéficient également d’intrants abordables, de conseils pratiques et d’un avantage financier clair.
Résultats après cinq ans
- Rendements plus élevés : 14 à 30 % de plus que sur des parcelles comparables cultivées de manière conventionnelle.
- Sol plus sain : la matière organique du sol a doublé depuis 2021 ; le nombre de vers de terre a augmenté de 70 %.
- Faune sauvage plus bénéfique : les pollinisateurs et les prédateurs naturels des ravageurs ont augmenté de 25 %.
- Revenus supplémentaires : entre 830 et 2 000 dollars US par hectare et par an grâce à la vente des cultures et des produits forestiers récoltés entre les palmiers, en plus des revenus générés par l’huile de palme.
- Engrais moins chers : une entreprise de compostage gérée par des agriculteurs vend des engrais organiques à un prix inférieur de 62 % au prix du marché et a réalisé un bénéfice de 43 200 dollars US.
- Forêt sous protection : 8 000 hectares de forêt protégés grâce à la restauration et à la conservation d’une zone tampon dans les villages situés en bordure de la forêt protégée.
- Certification : 1 227 petits exploitants ont obtenu la certification RSPO.
- Entrepreneuriat féminin : plus de 400 femmes ont suivi une formation en gestion financière ; 18 groupes de femmes ont lancé de petites entreprises.
Tous ces chiffres sont issus du suivi du projet et concernent une seule région. Les résultats varieront selon les endroits et une adaptation locale sera nécessaire. Ils montrent ce qu’il est possible de réaliser lorsque les meilleures pratiques sont soutenues par les entreprises locales et un financement à long terme : une baisse des coûts des intrants, une plus grande diversification des sources de revenus et une résilience à plus long terme pour les agriculteurs.
Comment la transition est financée et soutenue
Les petits agriculteurs ne peuvent pas assumer seuls le coût ou le risque lié à une telle transformation de leurs pratiques agricoles. BIPOSC apporte une solution à ce problème grâce au Livelihoods Fund for Family Farming, un fonds d’investissement créé par des entreprises qui achètent des matières premières agricoles, soutenu par Danone et Mars, rejoint ensuite par L’Oréal et le groupe L’Occitane.
Le fonds finance à l’avance la formation et les intrants. Les entreprises s’engagent ensuite à s’approvisionner auprès du projet sur le long terme et versent une prime liée aux résultats mesurés, ce qui permet de rembourser le fonds. Musim Mas apporte un soutien technique et utilise les déchets issus de ses usines d’huile de palme pour produire du compost à moindre coût.
Parallèlement à ce financement, le travail mené par Livelihoods et SNV avec des partenaires locaux associe les savoirs des agriculteurs à des conseils techniques, un accompagnement continu et un apprentissage entre pairs afin de mettre en pratique l’agriculture régénérative. Cette expérience de terrain a nourri un cadre pratique, transposable à d’autres territoires.
Ce qu’il faut pour passer à l’échelle
Le livre blanc identifie des rôles complémentaires pour les partenaires, qui peuvent être adaptés à divers contextes liés à la culture de l’huile de palme ainsi qu’à d’autres systèmes de production.
Les entreprises et les acheteurs peuvent cofinancer la transition au sein de leurs chaînes d’approvisionnement et prendre des engagements d’achat à long terme. Les banques de développement et les investisseurs à impact peuvent fournir des financements adaptés au coût et à la durée de la transition ; les gouvernements et régulateurs peuvent aligner les incitations au replantage sur des résultats régénératifs et fédérer les acteurs d’un territoire ; et les praticiens comme les ONG peuvent tester, adapter et diffuser le cadre, en collaboration avec les organisations d’agriculteurs.
Livelihoods et SNV invitent entreprises, financiers et partenaires publics à développer des partenariats avec les organisations d’agriculteurs afin de généraliser les pratiques régénératives dans le secteur de l’huile de palme et d’adapter cette approche à d’autres secteurs de production.
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À propos de Livelihoods
Livelihoods est une initiative mondiale qui finance et co-conçoit des projets à grande échelle fondés sur la nature avec des entreprises, des ONG et des communautés rurales. Soutenue par 20 entreprises engagées, son expertise en agriculture régénérative, en restauration des écosystèmes et en résilience climatique aide les entreprises à transitionner vers des approvisionnements durables et à contribuer à l’action climatique mondiale. Depuis 2009, Livelihoods a lancé 47 projets à grande échelle, permettant d’éviter et de séquestrer 5,4 millions de tonnes de CO₂e, de planter 160 millions d’arbres et d’améliorer les conditions de vie de 2,4 millions de personnes en Afrique, en Asie, en Europe et en Amérique latine. Dans le secteur de l’huile de palme, Livelihoods a été le pionnier de coalitions qui font le lien entre les besoins des communautés et les engagements des entreprises. En savoir plus : livelihoods.eu
À propos de SNV
SNV est un partenaire international du développement, profondément ancré dans les pays où nous opérons. Porté par la vision d’un monde meilleur où chacun vit dans la dignité et dispose d’opportunités équitables pour s’épanouir de manière durable, SNV renforce les capacités et catalyse des partenariats qui transforment les systèmes agroalimentaires, énergétiques et d’approvisionnement en eau. Nous aidons à renforcer les institutions et la gouvernance efficace, à réduire les inégalités de genre et les obstacles à l’inclusion sociale, et à permettre l’adaptation et l’atténuation face aux crises climatiques et de biodiversité. Forts de 60 ans d’expérience, avec plus de 90 % de nos équipes issues des pays où nous opérons et y travaillant, nous accompagnons nos partenaires dans plus de 20 pays d’Afrique et d’Asie, en adaptant nos approches aux différents contextes pour générer un impact à grande échelle et construire des vies plus équitables pour tous. En savoir plus : snv.org
Media contact
Cécile Mercier, Communications Manager, cmercier@livelihoods-venture.com
Asmita Bakshi, Global Head of Marketing, Communications & Public Affairs, Ad Int, abkashi@snv.org
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Crédit photo : SNV